Edition #3
12 & 13 septembre 2026


Xabxab — Bayonne 🇫🇷
Pendant dix-sept ans, XabXab a été ingénieur dans le bâtiment, dont dix années passées à Paris. De retour à Bayonne en 2016, il reprend le crayon par réflexe, puis le stylo bille, dans des dessins très contrastés que le fond blanc de la feuille finit par lasser. Il expose au Kubata, un bar du Petit-Bayonne, et signe en 2020 sa première commande : la façade de 22 mètres sur 7 du cinéma Itsas Mendi d’Urrugne, une scène de Downtown 81 d’Edo Bertoglio réinterprétée pour le festival Points de Vue. Depuis 2022, la peinture est son métier.
Son terrain, ce sont les palissades de chantier en bois, les planches de skate cassées gravées au stylo, les visages en noir et blanc. Avec son ami Phil4, il peint le quai Galuperie ; rue du Trinquet, c’est le regard de sa sœur. Il travaille aussi pour le collectif Herrian Bizi sur la crise du logement, rend hommage à six militants d’Iparretarrak à Saint-Étienne-de-Baïgorry, et intervient jusqu’à Putteridge High School, près de Londres.
Moins illustrateur qu’interprète, il cherche la chose qui fait irruption et touche.
My Dog Sighs — Portsmouth 🇬🇧
Instituteur, père de famille, venu au street art sur le tard, Paul Stone a d’abord essuyé les refus de toutes les galeries à des kilomètres à la ronde. Un pochoir de rat signé Banksy, aperçu sur un mur de Londres, lui a rendu l’envie. Il a alors choisi la rue, et la générosité : pendant dix ans, il a offert ses œuvres à qui les trouverait, avec son projet Free Art Friday.
De cette pratique est née une langue visuelle très reconnaissable. Des yeux immenses, dont l’iris garde le reflet d’une skyline ou d’une silhouette, comme les 540 qui couvrent l’enceinte de l’ancien hôpital Regina Margherita à Rome. Des visages peints sur des boîtes de conserve écrasées, le Can Man. Et les Quiet Little Voices, petits personnages gribouillés qui portent ses voix intérieures. En 2021, il transforme un ancien club de Southsea en installation immersive, Inside, sa première expérience de la sculpture.
Il a depuis créé Look Up Portsmouth, le festival qui a fait de sa ville la plus dense du Royaume-Uni en street art, et reçu un doctorat honorifique de l’Université de Portsmouth. En 2026, pour le centenaire de la ville, il a caché 100 000 livres d’œuvres dans les rues.


Otom — Nice 🇫🇷
Otom dessine depuis l’âge de dix ans. Formé au graphisme, il rencontre en 2005 un graffeur qui l’aide à vaincre sa peur du mur : ce seront d’abord les voies ferrées et les friches, avant que la ville ne devienne son support principal. Son univers navigue entre la bande dessinée et le street art, avec une obsession, le visage, et surtout la chevelure, traitée comme une masse graphique qu’il remplit de tags, de graffitis et de coulures colorées. De loin, une image ; de près, mille détails.
Il ne peint pas seulement, il fédère. Président de l’association Whole Street, installée au 109, il a obtenu la rénovation de Regards, fresque de 220 mètres de long sous le tunnel Durante de la gare de Nice-Centre, la plus grande de la ville, avec les portraits de douze Niçois. On lui doit aussi Gaïa et ses papillons à la sortie de la Voie Mathis, la fresque océan de l’avenue du XVᵉ Corps après la conférence des Nations unies sur l’océan, la jam du tunnel de Magnan à l’automne 2025 et la série des Nouvelles Mariannes dans les quartiers populaires. En octobre 2025, il lançait le N.U.M.A Festival, premier festival de culture urbaine du 109, avec quarante artistes internationaux.
Breemakesart — New York 🇺🇸
Bree Chapin a commencé en 2013 sur le Lower East Side, au sein du ConArtist Collective, aujourd’hui dissous. Depuis plus de dix ans, elle peint une humanité nerveuse, une fréquence qu’elle appelle elle-même l’ambient anxiety. Le pouvoir, le déséquilibre social, la paranoïa, la surveillance, la technologie et le féminisme traversent ses toiles à l’acrylique, portées par une palette électrifiée et une touche très expressive. La plupart de ses œuvres sont politiques, explicitement ou non.
Elle revendique aussi une position claire : ni NFT, ni intelligence artificielle. Et elle ne se contente pas de peindre. En 2021, avec UPMagazine, elle co-fonde la New York Underground Art League, événement urbain mensuel du Lower East Side dont elle assure la production. En 2023, elle déplace son atelier principal à Lisbonne, tout en gardant un pied à New York.
On l’a vue peindre au Caracol da Graça à l’été 2024, lors du paint-jam du collectif yesyoucan.spray : une figure aux airs d’Art nouveau à l’entrée du Jardim da Graça, et un trio de joueurs de cartes qui sent la Lisbonne d’avant. Ses expositions solos, Pop Fame, Ghosts of New York ou Girl Dinner, jalonnent la dernière décennie.


Kitsune Jolene — Gand 🇧🇪
Jolien De Waele étudiait l’histoire de l’art à l’Université de Gand. Elle a quitté son master pour peindre des murs, et n’est jamais revenue en arrière. Ses premiers travaux datent de 2017. Quant à son nom d’artiste, il est né d’une recherche sur l’origine de son Pokémon préféré, Feunard, inspiré du renard à neuf queues du folklore japonais, le kitsune, parce que son vrai nom est, dit-elle, imprononçable pour la plupart des gens.
Son travail relève du muralisme figuratif surréaliste : des figures symboliques prises dans des formes végétales, une narration intime, des compositions fluides, et surtout une palette chromatique immédiatement reconnaissable, guidée par l’émotion. Elle y parle de transformation, d’intimité, de lien humain et de notre rapport au vivant, avec une attention constante à la santé mentale. À la bombe comme au pinceau.
Depuis Gand, elle a peint un peu partout : Disney, les ambassades belges en Grèce et en Thaïlande, des municipalités en Belgique, aux Pays-Bas, en Australie et aux États-Unis. On retrouve sa trace au Crystal Ship d’Ostende, à Hit The North à Belfast, à Ardu Street Art à Cork avec sa déesse Danu, au Wynwood Mural Fest de Miami, sur le Mur de Mouans-Sartoux, à Meeting of Styles, en Suède, en Albanie, en Sicile.
Kam.s.art — New York 🇺🇸
Kelvin Morel est arrivé de République dominicaine à l’âge de neuf ans, sans ses parents, chez une tante dans un petit appartement de Brooklyn. Enfant, il dessinait sans s’arrêter ; adolescent, il a cru qu’il deviendrait joueur de baseball, jusqu’à une blessure à l’épaule en 2012 qui a refermé cette porte. L’art a rouvert l’autre.
Aujourd’hui installé à Maspeth, dans le Queens, il est devenu l’artiste des commerces de quartier : salons de beauté, barber shops, boutiques de téléphonie, restaurants, crèches. Il adapte chaque mur au thème du client, à l’acrylique, à l’aquarelle, à l’huile ou à la bombe, et anime des séances de SipNPaint. Ses murales noir et blanc de Love’s Kitchen à Kew Gardens, le portrait d’Audrey Hepburn du Zuly Beauty Studio à Corona, les fresques Juneteenth du Port Authority Bus Terminal ont fait connaître son nom au-delà du quartier.
Sur les murs d’Underhill Walls, à Brooklyn, il a peint Elvis Presley en 2025 puis Black Panther en 2026, et il intervenait encore sur Washington Walls au printemps 2026. Il reverse une partie de ses bénéfices à des activités pour les enfants de son quartier, et cite Basquiat comme référence majeure.


Jason Naylor — Brooklyn 🇺🇸
Jason Naylor a un diplôme de design graphique de la Brigham Young University et six années passées au département créatif de M·A·C Cosmetics. Il a tout quitté pour peindre ses propres messages. Son vrai déclic mural est arrivé par accident : appelé pour une installation de Microsoft au SXSW, il s’est retrouvé à peindre en urgence un mur de trente pieds, en une semaine, au pinceau et à la grille. Il n’a plus lâché la rue depuis.
Son style est immédiatement identifiable : des couleurs électriques posées sur des noirs profonds, un lettrage monumental, et surtout des cœurs, son motif fétiche qu’il décline désormais en volume. Ses slogans sont devenus des marques, Live Colorfully en tête, et le projet You Are Not Alone réunit chaque mois de mai des artistes du monde entier autour d’un même message sur la santé mentale, en noir, jaune et blanc.
Son travail a été distingué par le Golden Novum Design Award et deux médailles de bronze aux CLIO, montré sur HGTV et Discovery Channel, et associé à Coach, Pepsi, Guess, XBOX ou Maybelline. En 2018, Bumble l’a classé parmi les cent New-Yorkais les plus inspirants. On l’a vu récemment sur les murs de Washington Walls, à Prospect Park, au printemps 2026.
MASSA — Cahors 🇫🇷
MASSA, ce sont simplement les deux premières syllabes de Marie Sarah. Originaire de Cahors, baccalauréat arts plastiques en poche, elle a poursuivi par une licence d’arts plastiques à l’université du Mirail, à Toulouse, puis un master dans l’enseignement, qu’elle a abandonné pour revenir à ce qu’elle savait faire : dessiner.
Elle se dit peintre plasticienne plutôt que graffeuse, et ne manie d’ailleurs pas tant la bombe que cela. Elle peint des murs, illustre, customise des bombes vides, colle dans la rue, et surtout détourne les objets : sur ses disques vinyles peints, la musique devient une image que l’on regarde au lieu de l’écouter. Son sujet central est l’animal comme révélateur de la figure humaine, des corps humains à tête de bête, beaucoup de félins, pour mettre face à face l’homme et l’animal, le sauvage et le civilisé, la vie et la mort. Ses personnages sortent d’un imaginaire de bestiaire pour enfants et parlent de la bestialité où l’humanité se perd.
Résidente à l’année de L’Aérochrome, le centre d’art urbain de Blagnac, elle a exposé à la galerie Babayaga de Toulouse puis chez elle à l’automne 2024, peint le Jardin solidaire du Grand Ramier et la salle des fêtes de Ramonville, co-organisé l’exposition Parle-moi d’elles, et anime des ateliers de custom de spray et de vinyles.


H_Kubed — Dresde 🇩🇪
Lea a grandi entre deux transmissions : ses grands-parents travaillaient dans une manufacture de porcelaine, et son grand-père qui lui a appris la typographie. Elle a tagué ses premiers murs à quatorze ans, au Trinitatisplatz de Dresde, avant de s’arrêter net, car il n’y avait alors aucun mur légal où peindre, et répéter la même fresque vouée à être recouverte l’a découragée. Étudiante en design graphique, elle a repris les bombes vers 2019-2020, et le confinement lui a offert ce qu’elle cherchait : un mur chaque jour.
Son travail tient dans un contraste assumé. D’un côté le réalisme, des portraits, des vagues, des pierres rendues avec une vraie exigence picturale. De l’autre le graffiti le plus abstrait, des lettres poussées jusqu’au wildstyle. Bombe, marqueurs, laques à l’eau quand il faut peindre en intérieur, aquarelle, toile. Elle attaque souvent le mur sans croquis, en laissant l’accident décider : ses pires erreurs, dit-elle, lui ont donné ses meilleurs résultats.
Devenue indépendante, elle partage sa vie entre l’Allemagne et New York. À Berlin, elle a peint les cinq étages du coworking werkhain, plusieurs centaines de bombes plus tard. À Brooklyn, elle anime des ateliers de graffiti à Bushwick, a participé au Bushwick Collective en 2025 puis à l’édition du quinzième anniversaire en 2026 avec un hommage à la photographe Audrey « Bytegirl », et peint régulièrement sur les Underhill Walls, dont une Black Widow au printemps 2026. Femme dans une scène new-yorkaise qui, de son propre aveu, n’en connaît presque aucune, elle vise désormais un visa d’artiste américain.
Enzo
Natif des Hautes-Pyrénées, Enzo a réalisé de multiples fresques dans le département et aux Etats-Unis. Fort de collaborations comme Redbull, Enedis ou BMW, Enzo s’est fait un nom avec son hyperréalisme. Aujourd’hui, il vous présente son univers et ses amis pour la troisième édition.


Temponok — Paris 🇫🇷
Temponok est un artiste issu du graffiti qui explore la fragilité de l’existence à travers la bulle de savon. Entre poésie, mélancolie et vanités contemporaines, son oeuvre se déploie de l’atelier aux murs et facades, en France et à l’international
CHIFFRES CLES DE L’EDITION #2
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bombes
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Adresse
7 rue des Pyrénées
Horgues, Hautes-Pyrénées, France

Le Cercle
L’association « Le Cercle » organise le festival « Enz’Horgues » chaque année depuis 2024.




















